20/12/2012
201212
J'ai ouvert la bouteille de Jack. J'ai bu une gorgée au goulot. Ca allait. C'était tout ce que j'avais. Ca et une bouteille de Bordeaux 2008 que je conservais pour une meilleure occasion. De celles qui ne surviennent pas. Un soir je rentrerai ivre et la boirai au deux tiers sans y prêter attention. Mais pas aujourd'hui. J'avais mangé un Cheeseburger, une barre de chocolat au lait Prix Garantie, quatre steaks de viande hachée de boeuf, une tranche de gâteau d'anniversaire McDonald's, au chocolat. Je n'avais pas faim. Je me suis versé un verre. Je me suis dit qu'il fallait que j'arrête de parler de M. à N. Je me suis dit que c'était une mauvaise idée que toutes se connaissent. Je me suis demandé pourquoi elle avait dansé. Je me suis demandé si mon frère avait quelque chose d'important à me dire. Son message le laissait présager. Elle m'ignorait toujours sur FB et elle avait bien raison. J'aurais fait pareil à sa place. Mais ce n'était pas à moi de jouer, croyais-je. Je me suis versé un second verre. Déjà j'étais un peu bourré. Je sentais mon œsophage se réchauffer, je sentais mes bras devenir gourds, ma langue pâteuse, ma tête dodelinait un brin. Je me suis demandé si vingt-cinq heures trente plus tôt j'avais halluciné. Ou non. Je n'avais pas le sentiment d'avoir été condamné. J'avais l'impression qu'il ne me fallait pas écrire cela. Je me suis rallumé une Pall Mall. Le téléphone de mon frère ne venait toujours pas. Je me suis refait le film de la scène. On est assis sur le canapé brun, face à la table basse. Elle met une chanson, puis moi, Rammstein – Mein Herz Brennt, puis le silence. Elle joue avec un morceau de son porte-clé qu'elle tente de faire tenir dans une rainure de son portable. Elle y parvient. Je tente de l'en empêcher. On joue un peu avec nos mains. Je lui fais mal. Je m'éloigne. Plus tôt, nous regardons Despicable Me en VF. L. et N. sont sur le canapé blanc. Ce public me crispe. L'oreiller entre elle et moi. Ma main droite ne sait où se mettre. Parfois je croise les bras, parfois je pose le droit derrière l'accoudoir. Je n'ai qu'une envie, l'appuyer contre elle. Je discute 40' avec mon frère. Il raccroche. Elle vient me parler. Rien à se dire. Et puis elle se lève, cherche son écharpe partout, jure que c'est N. qui l'a prise. Elle s'équipe, met de la musique sur son portable, se balade, danse. Je ne sais pas quoi faire. Enfin, je sais, mais n'ose pas. Je pense savoir. Il est hors de question que je danse, je ne sais pas. Elle s'approche parfois, avec son parapluie, j'essaie de la garder près de moi, impossible. Alors j'attends. Palpitations. Gentiment l'idée que je regretterai si je ne fais rien. J'attends. Elle revient, s'éloigne à nouveau. Le temps passe. D'avoir hésité, repoussé... j'essaie. Je brusque. Peut-être ai-je tout faux. Je ne crois pas.
Le Jack fini, un peu de rhum brun, mes cuites au local, cigarillos, Matthieu, avant... Défoncé. Je tente de préciser mes idées. Katatonia – For funerals to come. C'est doux. Mirupafshim. Je ferme l'onglet FB. Qu'ai-je encore à faire, qu'ai-je encore à dire ? Naten e mir. Je l'aime.
00:35 Publié dans Journal de Volodia | Lien permanent | Commentaires (0)
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